Comment tuer la richesse de la diversité en confondant le droit à l’éducation avec le désir de conformité

 

Il y a ENCORE des changements en vue en ce qui a trait à l’éducation à domicile au Québec.  Déjà, les nouvelles dispositions en vigueur depuis le premier juillet dernier avaient changé le portrait, obligeant les familles à s’inscrire au ministère et à se conformer au règlement, faisant du Québec la province la plus contraignante pour les familles ayant choisi de se prévaloir de leur droit d’éduquer leurs enfants.

 

Suite au changement de gouvernement, on vient d’annoncer le désir d’imposer aux familles LE programme québécois ET les examens du ministère.   Avec le règlement actuel, les parents peuvent suivre ou non LE programme québécois tout en étant dans l’OBLIGATION de couvrir les matières suivantes:

*Langue française

*Mathématique

*Langue seconde

*Science et technologie

*Arts

*Développement de la personne

*Univers social pour les 9 ans et plus

 

Ce qu’il faut comprendre, c’est que LE programme québécoise sert à faciliter l’instruction dans des classes de 20 à 30 élèves.  Ce n’est pas le nec plus ultra qui garantit une quelconque érudition.  C’est pour assurer une continuité aux enfants qui passent d’un.e enseignant.e à l’autre.  C’est même ce programme là qui, dans le système québécois actuel, ne réussit à mener que 64% des enfants à la diplomation.  Le pire taux au Canada.  Et on veut imposer ce qui ne fonctionne déjà pas tellement à un contexte totalement différent de celui qui a motivé sa création.

 

Êtes-vous surpris d’apprendre que la réalité de l’éducation à domicile est totalement différente de celle vécue en classe?  Le contexte intimiste du ratio 1 pour 1 permet de suivre le rythme et les passions de l’enfant, sollicitant ainsi son envie d’apprendre, rendant par le fait même la répétition inutile.  Conséquemment,  personne ne se surprendra d’apprendre que les résultats de cette approche personnalisée soit plus que satisfaisants au niveau académique, au niveau social et personnel.  Seulement, dans un contexte aussi adapté à l’enfant, LE programme n’a pas de raison d’être imposé, ni même de logique à être imposé.

 

En imposant les examens du ministère aux enfants à la maison, on les oblige à voir le même contenu, au même moment que les enfants scolarisés en institution, sans se soucier du développement cognitif de l’enfant, sans se soucier de leurs intérêts qui ne sont pas contenus dans LE programme et qui sont tout aussi essentiels à leur bâti personnel.

 

Chez nous, les enfants chevauchent plusieurs niveaux.  Ils étudient avec passion plusieurs domaines qui ne sont pas au programme québécois.  C’est avec beaucoup de fierté que mon fils étale son savoir sur certains sujets qu’il n’aborderait pas avant l’université ou dans plusieurs années si on suivait le programme à la lettre.  D’un autre côté, il nous arrive de remettre à plus tard l’intégration de certaines notions mathématiques ou grammaticales pour y revenir un peu plus tard, quand la maturation du cerveau en permet l’apprentissage.  Nous évitons ainsi de perdre du temps d’enfance précieux en répétant trop souvent ce qui ne fait pas encore de sens pour l’enfant.  Après maturation, les savoirs s’acquièrent plus facilement, laissant ainsi plus de temps à notre disposition pour se bâtir une culture générale riche et diversifiée.

 

 

On évoque le droit à l’éducation en privant l’enfant de son droit d’évoluer à son propre rythme.  Au nom du droit à l’éducation, on confond éducation avec conformité, on sous-entend qu’une éducation adéquate ne peut se faire qu’au rythme décidé pour être imposé à la masse.  Comme si on demandait à l’ébéniste de construire sa table en chêne au même rythme et avec les mêmes matériaux que la chaîne de montage qui en fabrique en bois plaqué.  On lui retire sa capacité de personnaliser et de parfaire son oeuvre en l’obligeant à suivre des contraintes contraires à sa démarche et à sa raison d’être.  On lui retire sa richesse.  On lui retire son droit à la diversité.  Son droit de contribuer au paysage québécois en offrant un produit exclusif.

 

On retire aussi au Québec toute une richesse, une diversité, un savoir être et un savoir faire renouvelé qui lui serait, plus que jamais, nécessaire.

 

 

 

Pour en savoir davantage sur l’éducation à domicile, ses réussites, ses raisons d’être:

 

Plusieurs intervenants scolaires qu’a consultés le Protecteur du citoyen reconnaissent la
qualité des projets éducatifs des parents ainsi que celle des apprentissages scolaires et
sociaux des enfants qu’ils « suivent ».

Rapport du protecteur du citoyen. La scolarisation à la maison: pour le respect du droit à l’éducation des enfants.

L’éducation à domicile au Québec.

Free to Learn.

How children fail.

Une éducation sans école.

Et si on les laissait vivre?

L’école à la maison, ce qu’en dit la recherche.

Commentaires

Julie Roux

Maman intégrale de 2 enfants ayant un penchant naturel pour le bonheur, Julie a troqué la naturopathie contre la vie familiale qu’elle a choisie. Maman à la maison homeschooleuse, elle adore réfléchir sur l’enfance et l’éducation.