Crise du climat. Entre le déni et le désespoir, il y a un monde à refaire ensemble.

 

J’ai un besoin sans cesse croissant de m’isoler dans la nature que l’hommerie n’a pas trop transformée.  On dirait que c’est juste là que je trouve un sens à la vie.  Pas à ma vie précisément.  À la vie.  Point.

 

Quand l’air est un peu plus pur ou moins toxique devrais-je dire.  Qu’il y a encore un peu de diversité dans la flore et la faune.  Qu’on peut apercevoir des nuages d’étoiles et entendre quelques oiseaux rares.  Je dis «quelques» parce que depuis 1970, nous avons Trois milliards d’oiseaux de moins en Amérique du Nord.

 

On plante notre tente familiale.  On cuisine sur le feu.  On s’adapte aux conditions météo.  On prend le temps d’observer et ressentir.  Nager et ramer.  Être ensemble, paisibles et s’en réjouir.  Vouloir plus?  À quoi bon?

 

La vie est belle au naturel.  Elle y prend tout son sens.

 

 

 

Puis, de retour dans la civilisation, le sens de la vie prend le bord.

 

Toute cette organisation sociale, cette agitation, cette surconsommation, ces mensonges éhontés, cette vérité niée, camouflée, cette inconscience lucrative appuyée par nos élus.  C’est vraiment trop.  Trop con d’en être rendu là.

 

Chacun ses besoins.

Chacun son confort.

Chacun sa conscience sélective.

 

On n’y arrivera pas, que je me dis.

On ne réussira jamais à renverser la tendance.

La crise du climat aura raison de nous.

 

Changer ses propres habitudes, c’est long.

Faire changer les habitudes de ceux qui jouissent de leur confort, qui ne subissent pas encore directement les effets du réchauffement climatique, qui font de l’argent avec la consommation irresponsable et les polluants, ou qui sont tout simplement inconscients, c’est impossible.

 

En ce moment, nous devrions être outrés, en colère, en sit-in dans les bureaux des élus acoquinés avec les plus gros pollueurs.  Nous devrions être révoltés que nos dirigeants n’oeuvrent pas pour notre bien personnel ni collectif, encore moins pour les générations futures mais pour le bien des industries et la stabilité financière des multinationales.

 

Des nouvelles comme  celle-ci  ou celle-là devraient nous faire bondir dans les bureaux de la CAQ.

 

Comment se fait-il qu’on ne se révolte pas plus que ça?

 

Parce que nous sommes encore confortables dans nos vies respectives.  Nous ne crevons pas de faim.  Nous avons encore de l’eau à la limite du potable à boire.  De l’air qui se respire.

 

Nous n’avons pas encore à nous battre pour un minimum vital.

 

Jusqu’à aujourd’hui, nous avons vu des changements graduels.  On sait que ce qui nous attend sera exponentiel.  Brutal.  Le réchauffement climatique pourrait enclencher un cercle vicieux catastrophique.

 

Malheureusement, nous partageons la planète avec différents acteurs qui n’oeuvrent pas tous pour le bien des générations futures et qui restent encore impassibles devant la crise du climat.

 

 

Les climatosceptiques

 

Il y a les climatosceptiques.  Des embûches de taille autant se le dire.  Ceux là entretiennent le déni de l’évidence pour justifier leur inertie devant la crise du climat et leur manque de moralité.  S’ils admettaient le problème tout en continuant de contribuer à la crise, ils montreraient au monde qu’ils sont des malfaisants.

 

Autant mieux se montrer au dessus de toute cette réalité scientifique et entretenir le doute.

 

On en retrouve beaucoup parmi nos dirigeants actuels.  C’est pourquoi je m’inquiète de les laisser réglementer la consommation et la production.  Il faudra être plus judicieux aux prochaines élections.

 

Greta

 

Symbole de la jeunesse qui a tout saisi des mécanismes vicieux qui maintiennent nos sociétés sous l’emprise des industries.  Nos jeunes,  à l’image de cette icône de 16 ans, veulent un avenir sur Terre.  Ils ne voient plus de sens à l’éducation qu’on leur impose si le fait d’être éduqué n’offre aucune valeur ni crédibilité.  Après tout, les scientifiques hautement instruits mettent en garde les autorités contre la hausse dramatique des gaz à effet de serre dans notre fragile atmosphère depuis les années 1960.  On ne les a pas écouté.  La science n’a pas trouvé écho au sein des dirigeants qui préfèrent favoriser l’économie plutôt que la vie.  Pathétique?  Absolument.

 

Toujours est-il que sont message porte.  Elle touche.  Elle mobilise.  De cette jeunesse, je suis fière!

 

Greta permet aussi de révéler au grand jour les préjugés contre lesquels nous devons oeuvrer vigoureusement.  C’est une femme, ça dérange.  Elle est jeune, ça dérange.  Elle se donne le droit d’être émotive tout en se tenant debout devant les géants sans scrupules de ce monde, ça dérange.  Elle remet en question la pertinence de l’éducation déconnectée qui prévaut, ça dérange.  Certains l’accuse d’être une marionnette et de ne pas écrire elle-même ses discours.  On pense la jeunesse incapable.  Je la sais powerful.

 

Les générations qui nous précèdent

 

De ça, je suis moins fière.  Ils ont baigné dans l’inconscience généralisée, dans l’abondance et dans l’idée que plus, c’est mieux.  Ils ne se sont jamais demandé où iraient les vestiges de leur passage sur Terre quand ils boufferont ce qu’il restera de pissenlits par la racine.  La plupart d’entre nous ont profité de ce matérialisme à outrance.  Nous n’avons manqué de rien matériellement parlant.  Nous avons grandi dans le confort et l’insouciance envers le futur.

 

Cette époque est révolue.  Il est grand temps de passer à autre chose.  Les mentalités doivent changer pour assurer la pérennité de notre espèce et de la biodiversité.  La planète, elle, finira bien par reprendre ses droits, avec ou sans nous.

 

Il est impératif de changer nos habitudes.  En vouloir à ceux qui nous précèdent n’aide en rien.  Ils ont fait des erreurs.  Nous aussi.  Ils se sont laissés bercer par l’idée d’un individualisme à outrance.  Ils se sont fait prendre au jeu de la surconsommation.  Ils ont laissé l’État autoriser la pollution en toute impunité.  Voilà.  C’est fait.  Passons à l’étape suivante.

 

En regardant tout ce beau monde…

Non!  On y arrivera pas!

Que je me dis.

Sauf que…

 

Pour ajouter une couche à mon désespoir, j’ai eu la bonne idée de revoir Une vérité qui dérange, un documentaire choc d’Al Gore qui date de 2006.  Je l’ai écouté jusqu’au bout même si c’est ultra décourageant de voir qu’on n’avance pas depuis qu’on connait l’évidence.  Et on la connait depuis DES décennies.

 

À la toute fin, Al Gore nous rappelle qu’on est capable, ENSEMBLE, de changer les moeurs.  D’évoluer.  Même quand les dirigeants sont réfractaires aux changements.  Il donne l’exemple de la ségrégation raciale, du droit de vote des femmes, de l’abolition de l’esclavage, de la chute du communisme et la tombée du fascisme, de la force morale de la non-violence (pensons à Gandhi, à Martin Luther King Jr., à Nelson Mandela) et du succès qu’ont eu les mesures visant à abolir les produits qui détériorent la couche d’ozone.

 

Vent de fraîcheur.

 

Espoir!

 

Je réalise que oui!

 

On peut!

 

ENSEMBLE, on peut!

 

Chaque geste compte.

 

La force du nombre peu triompher.

 

 

 

Ce qu’on peut faire individuellement, sans oublier d’exercer de la pression sur l’industrie et sur nos élus.

 

*Prioriser la marche, le vélo et les transports en commun.

*Choisir un véhicule à faible consommation de carburant.

*Faire du covoiturage.

*Avant d’acheter un bien, se demander:

-En ai-je vraiment besoin?

-Est-ce que je pourrais le fabriquer ou l’acheter usagé?

-Est-ce que c’est un bien durable?

-Est-ce que c’est réparable?

*Choisir des aliments sans pesticide et produits localement le plus possible.

*Faire son propre potager.

*Recueillir l’eau de pluie.

*Éviter les plastiques.  Le recyclage a des limites manifestes.

*Composter.

*Échanger, donner, transformer.

*Garder les tissus pour:

-Emballer les cadeaux

-Emballer les lunchs

-Fabriquer ses mouchoirs

-Découper des carrés pour remplacer le papier hygiénique

*Ne plus utiliser de produits d’entretien toxiques.

*Éviter de juger les efforts des autres.  Bien des solutions sont relatives et se situer à court ou à long terme change souvent la perspective.

*Semer des arbres, des plantes indigènes, des comestibles.

*Expliquer le pourquoi de nos choix.  Partager nos bonnes idées.  S’inspirer mutuellement.  Encourager les initiatives écologiques.

*Aimer la nature et la faire découvrir à nos enfants…  et à nos parents!  Qui aime la nature veut bien la protéger.

*Demander et exiger des alternatives écologiques partout où l’on constate des aberrations.  À force d’être fatigants, on finira bien par être motivants.

 

Ce qu’on peut faire collectivement

 

*Occuper l’espace public pour exiger des pratiques écoresponsables, comme ceci.

*Voter pour des partis politiques qui ont un plan pour réduire DÈS MAINTENANT les émissions de gaz à effet de serre et qui proposent des solutions novatrices.

*Se plaindre partout où c’est possible au sujet de l’inertie de ceux qui nous représentent au parlement.

*Continuer de marcher ensemble pour le climat.

*Créer des réseaux de partage et d’échange.

*En parler.

 

 

 

À voir en famille:

Une vérité qui dérange.

Demain.

Il était une fois… Notre Terre.

Minimalism.

The True Cost.

 

 

 

À lire:

C’est le temps d’agir. 10 choses à ne plus acheter.

Une vérité qui dérange.

Petit manuel de résistance contemporaine.

Demain. Un nouveau monde en marche.

Trop tard. La fin d’un monde et le début d’un nouveau.

Petit traité de décroissance sereine.

Ecodesign: des solutions pour la planète.

Halte à la surchauffe!

 

 

 

 

Différentes perspectives d’un même problème:

Crise climatique: un retard difficile à combler.

En Alaska, les glaciers fondent 100 fois plus vite que prévu.

Pourquoi la majorité d’entre vous n’a jamais entendu parler d’Autumn Peltier?

Face à l’urgence climatique, méfions-nous de la sur-responsabilisation des individus.

Les engrais chimiques et la disparition de nos sols.

Vivre sur Terre sans la détruire.

Ils seront les prochains déplacés climatiques: les Inuits d’Alaska.

L’expertise autochtone serait « essentielle » à la survie des espèces.

 

Commentaires

Julie Roux

Maman intégrale de 2 enfants libres ayant un penchant naturel pour le bonheur, Julie a troqué la sociologie et la naturopathie contre la vie familiale qu’elle a choisie. Maman à la maison pas si souvent à la maison, elle adore sortir, voyager, réfléchir sur l’enfance et sur l’éducation.

Laissez un commentaire