La lettre qui change une vie

Cet article a été initialement publié sur le blogue de Mitsiko à Projet famille en harmonie

Roosevelt_FREn faisant le ménage de mes papiers importants, j’ai retrouvé une lettre auréolée de douces larmes. Je me souviens du jour où je l’ai reçue. J’avais le cœur gros et j’ai croisé une mère du quartier.

J’avais fait le choix de rester à la maison pour suivre notre rythme jusqu’à ce que nous soyons prêts à passer à une nouvelle étape. NOTRE rythme unique.

Ceci était le choix qui marchait pour NOTRE famille. Et il n’était pas très commun.

Je me sentais très isolée. Et je souffrais de me sentir incomprise. À ce moment-là, les « fameuses questions qui tuent » rajoutaient à la lourdeur de mon cœur. J’étais mère d’un bambin et je n’avais pas encore acquis l’équanimité, le recul et les aptitudes de communication que j’ai maintenant. Je m’effondrais intérieurement à chaque question qu’on me posait, que je vivais comme une critique de ma personne. Je restais souvent dans un mutisme malsain pendant que je jacassais intérieurement.

 LES QUESTIONS QUI TUENT

-question : Il est malade? C’est pour ça que ton enfant est avec toi?

– Silence et je roule les yeux intérieurement. J’ai bien dit in-té-rieu-re-ment!

 

-question : Tu ne serais pas un peu mère poule, par hasard?

-Silence et réponse intérieure : « Poc! Poc! Poc! Oui, oui!  »

 

-question : Quoi????????? Il est encore allaité????????????? Oh, mon DIEU!!!!!!!!!!! Mais, c’est presque un adulte!!!!!!!!!!!

-Silence et réponse intérieure : Ben oui!!!!!!!! Et il sera allaité jusqu’à ce qu’il passe d’un type de couches à l’autre!!! Tu sais, celles pour les vieux?

 

Ça faisait un peu du bien de ventiler, intérieurement. Mais entre vous et moi, c’était plutôt inefficace à long terme, car ce sentiment de désespoir ressurgissait quotidiennement.

Puis.

J’ai reçu la lettre de cette mère en question (qui est devenue une très chère amie, vous le devinez).

Cette lettre.

Je l’ai relu 20 fois en pleurant de gratitude.

J’étais enfin comprise, et en plus, je recevais de la reconnaissance! Avec ces mots d’encouragement, j’ai pu lâcher prise de mon souhait d’être vue et reconnue par plusieurs. Et je me suis donnée la permission d’être en paix avec moi-même et mes choix. Je les acceptais et j’acceptais que tous ne soient pas d’accord. Plus rien ne pouvait m’atteindre maintenant (ou presque…)

J’avais enfin trouvé ma paix intérieure.

Cette lettre, la voici…

*******

Ma chère Mitsiko,

Je te remercie pour les beaux mots d’encouragement que tu as eu pour moi. Nous passons toutes par des périodes plus noires de temps à autre, peu importe les choix que nous faisons. Alors, d’entendre une autre mère dire qu’elle apprécie l’exemple que je donne, me comble.

Je comprends ce que tu vis. Tu n’es pas seule. Je n’ai pas eu le temps de te le dire tantôt: moi aussi j’ai pensé à fort à toi, récemment. J’ai pensé à la fois où on s’est salué rapidement sur la rue et que j’ai remarqué comment Henri avait grandi. Je me suis dit : « qu’il s’épanouit. »

Tu as écouté ton cœur et ce qu’il te dictait de faire. La pression sociale sera toujours là, mais sois sûre que tu fais le « bon » choix pour toi. Ça vaut tellement la peine.

Aucune femme n’est morte en disant qu’elle aurait dû passer moins de temps avec ses enfants. L’amour, c’est toujours la bonne voie. Elle est éternelle et est la chose qui a le plus de valeur au monde.

Ton amie X

********

(J’ai un peu modifié cette lettre parce qu’il y avait des détails plus personnels.)

(Je suis reconnaissante d’avoir plusieurs « fées » comme mon amie X dans ma vie. Elles me nourrissent et m’inspirent.  Elles contribuent à mettre de la magie dans ma vie au quotidien.)

Comment vous sentiriez-vous si vous receviez une lettre d’encouragement comme celle-ci?

Quel impact aurait-elle sur votre vie? En sachant son impact sur les autres, prendriez-vous le temps d’en rédiger une pour une voisine ou une amie?

Commentaires

Mitsiko Miller

Mitsiko a plein de passions et a fait le choix de vivre pleinement pour suivre ses élans du coeur. À la maison depuis la naissance de son premier fils, elle est fière d’être une mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen de 8 et 10 ans. Ces deux sensei sont la source d’inspiration principale de son projet famille en harmonie où cette coach de vie aide les autres familles à trouver leur propre harmonie. Suivez le blogue de Mitsiko.

5 Comments

  1. C’est certain qu’une lettre comme celle-là, à ma première année de « maman à la maison » m’aurait fait un baume sur le coeur (même encore aujourd’hui hihi). Je suis convaincue de tous les bienfaits de mon choix, néanmoins, je me sens souvent attaquée, jugée par les gens que je connais et par des étrangers. Il est certain que je vais flirter avec l’idée d’écrire une lettre de la sorte si j’ai une amie qui prend ce genre de décision. Ça lui fera le plus grand bien 🙂 Merci pour ton beau texte!

    • J’entends à quel point une partie de toi est vraiment en paix avec ton choix et respire le bonheur. Et une autre partie trouve difficile de gérer les critiques des autres. Un signe selon moi que quelque chose remue en toi. Peut-être souhaiterais-tu qu’on te comprenne davantage? Qu’on respecte tes choix? Qu’on accepte que tu as ton propre chemin unique? Car, écouter son coeur c’est oser se positionner, oser être cohérente avec ses propres valeurs, oser vivre la vie qui a du sens pour soi et sa famille. Je suis curieuse de savoir ce qui t’aiderait à mieux comprendre pourquoi cette partie de toi lutte?

      • Je pense que c’est une question de respect qui me fait lutter en permanence. Mon plus grand vient d’avoir 2 ans, la décision de rester à la maison a été prise lorsqu’il était dans mon ventre et je l’ai également partagée à mon entourage à ce moment. Pourtant, je reçois encore aujourd’hui des offres d’emploi par courriel « Regarde, j’ai trouvé un emploi pour toi dans ton domaine! » et me fais questionner régulièrement pour savoir à quel moment je compte réintégrer le marché du travail. Les questions viennent toujours des mêmes personnes, des gens de mon entourage proche, la famille… Je pense que la partie de moi qui lutte est en quête d’une acceptation de son choix et du respect de celui-ci.

  2. Même chose ici, c’est pas évident… parce que c’est papa qui a choisi de faire ce choix! À sa job, il s’est fait traiter de paresseux (parce que les gens croyaient qu’il prenait un congé et que c’est moi qui ferais tout!), de fif, etc., etc. Ça va faire 1 an et des fois, on doute nous aussi! Mais au bout de la ligne, on est certains d’avoir fait le bon choix!!!

    • Bonjour Caroline!
      Je célèbre le courage que vous avez d’être cohérents avec vos valeurs, peu importe ce que les autres disent!
      Mitsiko

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