Mon fils a peur de moi

Par Julie NADEAU.

Hier quand je lui ai demandé: «Te sens-tu obligé de m’aider lorsque je te le demande?», mon fils de 14 ans m’a répondu: «Oui et non.» De notre discussion j’ai compris qu’il y a une partie de lui qui veut sincèrement m’aider. Mais il y a aussi cette partie de lui qui veut m’aider parce qu’il a peur que je me fâche. Juste de l’écrire, ça me fait de la peine. À nouveau, je constate, l’écart présent entre l’intention qu’on porte en communiquant avec nos enfants et leurs propres perceptions. Il n’est pas possible de contrôler ce qu’ils perçoivent et comprennent. Lorsque je me fâche, je ne le fais pas avec l’intention de lui faire peur, mais c’est tout de même ce qu’il vit. C’est donc important d’avoir une relation de confiance avec nos enfants pour leur permettre de communiquer avec nous en toute confiance.

Léo & Julie_roseTu as le droit de refuser et je ne vais pas me fâcher.Léo & Julie vert

J’ai, moi aussi, eu peur de mes parents et expérimenté cette déconnexion qui se produit alors. Après tout, la réaction instinctive à la peur est bien la fuite, sans parler du stress associé. La peur crée une perte de confiance avec la personne qui nous fait peur. Et comme je veux permettre à mes enfants de vivre la liberté d’être eux en s’exprimant avec confiance, je veux favoriser cette connexion, ce lien de confiance. Cette confiance qui permet de ne pas avoir besoin de se protéger, d’être libre d’être authentique, vulnérable et surtout se sentir accepté.

Donc, s’il n’a pas la liberté de refuser son aide, il n’a pas la possibilité d’être authentique.

Il y a d’autres temps où je me serais écroulée sous la culpabilité de m’être fâchée en premier lieu, d’avoir un peu « scrappé » mon enfant. Mais plus maintenant. Maintenant, je suis reconnaissante qu’il ait assez confiance en moi pour me communiquer ses peurs et pour répondre franchement à ma question. À partir du moment où est portée à mon attention la source de son inconfort, j’ai alors la possibilité de transformer cette situation en commençant par m’excuser et offrir une autre alternative aux moments où je lui demande de l’aide.

« Lorsque je te demande de l’aide, aimerais-tu que j’ajoute: tu as le droit de refuser et je ne vais pas me fâcher? »

C’est maintenant rare que je me fâche, parce que je réussis de plus en plus à transformer les moments où je sens monter en moi cette énergie de colère. Dans ces moments, cette énergie est un indicateur dans le baromètre de mon état intérieur, portant à mon attention que j’ai besoin de prendre soin de moi pour diminuer ma frustration et ma colère. Avant de pouvoir prendre soin de moi, j’ai eu besoin d’un ingrédient magique et mystérieux que j’ai dû aller cueillir moi-même (chercher loin) tant il m’était devenu étranger: l’acceptation de soi. Celui-là même que je souhaite tant favoriser chez mes enfants. Les premières tentatives pour prendre soin de moi n’ont pas été faciles, la culpabilité et la peur d’être égoïste montaient en flèche. Ce n’était plus naturel de prendre soin de moi et après quelques expériences réussies, je constate qu’en plus de faire baisser mes frustrations et ma colère, ça permet à mes enfants de constater (prendre conscience) qu’on a le droit de prendre soin de soi avec amour même quand on devient un adulte. C’est ce que je leur souhaite, un magnifique équilibre entre prendre soin de leurs enfants et d’eux-mêmes.

Je me trouve tellement chanceuse d’avoir à mes côtés, quotidiennement, mes enfants. Ces professeurs qui me permettent de me transformer pour vivre ma meilleure vie.

Commentaires

Julie Nadeau

Julie coache des femmes désirant être des mères qui veulent voir leurs enfants rayonner de leur propre lumière. Ces mères veulent des relations différentes avec leurs enfants pour garder vivante cette connexion si précieuse des premiers mois. Julie est la mère de deux garçons, maintenant adolescents, qui lui ont permis de vivre une transformation personnelle. Au fil des années, guidée par sa curiosité naturelle, elle a acquis un bagage impressionnant de recherches, de réflexions et de formations lui permettant maintenant d’en faire profiter les mères qui la consultent. Elle vit maintenant plus de paix et d’harmonie dans sa vie et au sein de sa petite famille où l’amour inconditionnel, l’acceptation totale et le respect font partie intégrante du quotidien. Julie a créé le groupe Facebook Unschooling au Québec qui compte près de 400 membres et elle publie des capsules vidéos sur l’art d’être une maman bienveillante sur son site www.julienadeaucoaching.com.