J’ai choisi la bienveillance parce que j’avais peur

 

Je me souviens tellement bien cette sensation désagréable après la naissance de mon premier fils. Malgré toute la joie que je vivais, il y avait en moi cette peur. La peur de scraper mon enfant.

Ce que je ne voulais pas

Pour moi, scraper mes enfants ça voulait dire qu’ils n’aient pas assez de sécurité intérieure pour réaliser leur plein potentiel. Pas assez de confiance en eux pour sortir de leur zone de confort et pour partir à la découverte de qui ils sont et du monde qui les entoure.

Scraper mes enfants ça voulait dire qu’ils se retrouvent dans la quarantaine à ne plus savoir qui ils sont, ce qu’ils veulent et surtout comment s’en sortir.

Scraper mes enfants ça voulait dire qu’ils doivent prendre des médicaments pour se remonter le moral et pour faire taire la honte qui est en eux.

Scraper mes enfants, ça voulait dire qu’ils aient des problèmes de santé physique et mentale en conséquence d’une enfance défavorable à une bonne santé. Je ne voulais pas qu’ils se demandent comment prendre la prochaine inspiration tellement la noirceur en eux est écrasante.

Scraper mes enfants ça voulait dire qu’ils aient besoin de se remettre de leur enfance.

Nouvelle recette

En apprenant que j’étais enceinte, je savais déjà que je voulais faire différent de ce que j’avais vécu dans mon enfance et dans mon adolescence. Beaucoup de parents veulent faire mieux que leurs parents, ils veulent améliorer la recette. Moi je voulais jeter la recette à la poubelle et en écrire une nouvelle. C’est devenu ma mission de vie.

Je le sentais, la base sur laquelle toute mon éducation reposait était déficiente. Mes parents ont fait mieux que les leurs et ils ont fait du mieux qu’ils ont pu. Mon expérience avec eux m’a permis une certaine clarté nécessaire pour choisir la bienveillance.

Pour éviter de scraper mes enfants je savais que je devais leur offrir ce qui m’a manqué, me sentir aimée inconditionnellement.  Se sentir aimée de façon inconditionnelle est ce qui fait en sorte qu’on porte en soi cette sensation de solidité. La confiance en soi qui est la certitude qu’on a de la valeur, qu’on est important. Cette certitude se construit en premier dans la relation avec notre mère.

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Je savais que pour offrir à mes enfants la possibilité de construire leur valeur dans notre relation, je devais m’éloigner de l’utilisation de l’autorité que j’ai vécue et qui m’a laissé stressée et anxieuse. L’autorité, avec ses punitions, ses reproches et ses menaces, qui détruit notre confiance en soi au fil du temps comme l’eau qui érode la roche.

Mon plus gros point de repères était de faire en sorte que mes enfants n’aient pas honte de qui ils sont et de ce qu’ils font. Je suis partie à la découverte de comment leur offrir une enfance qui allait les faire sentir importants, chéris et aimés malgré les gaffes qu’ils feront, malgré leurs colères et les miennes.

Avec le temps, cette peur a diminué.  Au fur et à mesure que la confiance en mon habileté d’être bienveillante a augmenté. Pour moi la bienveillance s’exprime quand je connecte avec cet espace de douceur et de compassion en moi. Ça va bientôt faire 21 années que j’ai fait ce choix. Je n’ai aucun regret. J’ai choisi l’amour inconditionnel et une éducation bienveillante parce que j’avais peur de scraper mes enfants.

Commentaires

Julie Nadeau

Julie a pour mission de faciliter pour ses enfants la connexion avec leur propre guide intérieur, leurs âmes, en les aimant inconditionnellement. Passionnée de l'introspection, elle n'hésite pas à remettre en question ses propres croyances pour choisir l'amour plutôt que la peur. Maintenant que ses enfants sont presque des adultes et que l'aventure du unschooling est terminée, elle enjolive son petit coin de paradis et le partage à travers l'écriture. www.julieauparadis.com.