Maman à la maison: Je suis une maman professionnelle

maman à la maison 

Pour la plupart des vingt-cinq dernières années il est devenu clair pour moi tout le temps que notre civilisation scientifique et industrielle dans le monde entier, pour toute sa richesse apparente et sa puissance, se déplaçait en fait chaque jour plus proche de sa destruction totale. Quel est le problème? Que pouvons-nous faire? Beaucoup de gens ont pointé vers des réponses utiles. Mais ce n’est depuis une ou deux années qu’il est devenu clair pour moi que l’une des causes les plus enracinées de notre problème est la façon dont nous traitons les enfants, et par-dessus tout les bébés. Je suis également tout aussi convaincu qu’aucun programme de changement social et politique qui ne comprend pas et ne commence pas par des changements dans la façon dont nous soutenons et élevons les enfants a une chance d’améliorer les choses […] La race humaine, après tout, change avec chaque nouvelle génération, et seulement une génération ou deux de bébés en bonne santé et heureux peuvent être assez pour nous faire faire demi-tour.

 – John Holt, professeur et leader du mouvement d’éducation à la maison, dans son livre Teach Your Own (Enseignez aux vôtres)

Je sors du placard : je suis une maman professionnelle. Je suis une maman à temps plein qui se ballade en semaine avec ses jumeaux barbouillés de biscuits à l’épicerie, qui en été parcourt les parcs de jeux, qui en hiver s’habille quand on de la visite (pour ne pas montrer qu’on est souvent en pyjamas), ou qui est parfois dépassée par l’amour reçu en retour—ou par l’ampleur de la tâche et de la liste d’épicerie. Pour mes enfants, je suis aussi déesse au « Mario Bros », encyclopédie vivante, et capitaine de vaisseau spatial, entre autres rôles intéressants. Je suis celle qui écrit ces lignes avec passion tout en préparant des sandwichs qui occupent les merveilles pendant quelques minutes.

Être un parent professionnel pour moi ne veut pas dire être parent et travailler à l’extérieur de la maison—dans ces cas, on a une appellation pour la profession exercée. Je crois que le terme parent professionnel est plus juste pour décrire de faire d’une profession notre vocation de parent, soit ne pas déléguer la majeure partie de notre rôle de parent à un tiers pendant qu’on vaque à une autre profession. Cela se fait habituellement en équipe avec un partenaire qui souvent doit travailler à l’extérieur de la maison pour assurer la subsistance économique de la famille, et pour les parents monoparentaux cela veut souvent dire maximiser un travail à temps partiel pendant la sieste ou le coucher des enfants. On donne des noms de métier pour ceux qui prennent soin de nos enfants, comme nannie, professeur ou encore éducateur, alors il est temps de reconnaître dans la modernité le métier de papa ou maman à temps plein.

Je suis une maman professionnelle car je sais que la vie est précieuse. Après avoir perdu un bébé à la moitié d’une grossesse, et que l’histoire qui a manquée de se répéter pour mes jumeaux prend une plus belle tournure, tout en me clouant au lit près de 4 mois, je suis résolue à faire passer le bien-être de ma famille avant tout. Car, comme validé par les recherches sur l’attachement maternel, je crois qu’un parent est le meilleur placé pour prendre soin de son enfant.

Les faits abondent sur ce que rester avec son enfant est meilleur pour lui à long terme. Le livre Children in Day Care and At Home (Enfants en garderie et à la maison) démontre que le lien parent-enfant à la maison est meilleur au moins dans les trois premières années que si l’enfant irait en garderie, et que les enfants qui demeurent avec leur parent sont moins agressifs, impolis et bruyants. D’autres études démontrent que la qualité globale des soins familiaux, l’engagement du parent et la relation positive avec le parent prédit de plus le haut niveau d’intelligence, une meilleure relation avec les pairs, et même une maturité dans les échanges avec les adultes, peu importe le QI du parent, de la région et l’âge de l’enfant préscolaire. Une étude de 100 millions de dollars par l’Institut national de la santé de l’enfant et du développement humain aux États-Unis, sur 1000 enfants suivis de la naissance à 15 ans, démontre que « plusieurs heures passées en n’importe quel type de garderie, ou beaucoup d’exposition à des soins en groupe, à travers les âges de nouveau-nés à préscolaires, prédisent en quelque sorte plus d’agression et de désobéissance chez les enfants, de moins bonnes relations avec les professeurs et plus récemment plus de prises de risques incluant l’usage du sexe et de l’alcool, incluant les drogues, et plus d’impulsivité à l’âge de 15 ans », dénote Jay Belsky, directeur d’un institut pour enfant à Londres. Oliver James, psychologue et auteur d’un livre guide pour parent, est maintenant ferme sur cette position : maman ou papa qui reste à la maison est mieux, dans cet ordre, « que Grand-Mère est mieux que Nannie est mieux que Gardien est mieux que garderie. » Il est temps de mettre cela au grand jour selon lui, « Il faut arrêter de mentir sur cela et prétendre que cela n’existe pas comme problème… cela existe vraiment. Comment est-ce que les mères feront pour prendre des bonnes décisions, si personne ne les averties sur la vraie situation? » Et l’opinion publique, heureusement, acquiesce; une étude par le centre de recherche Pew souligne que seulement 21% des gens pensent que la tendance de mères de jeunes enfants travaillant à l’extérieur de la maison est une bonne chose pour la société.  Même 70% des mamans qui travaillent souhaiteraient pouvoir rester à la maison avec leurs enfants.

J’agis conséquemment avec mon sentiment et les faits, validés sur mon terrain, et après la fin de mon congé parental postnatal, contesté en cour car encore trop court pour les parents de jumeaux d’ailleurs, je décide pour de bon de devenir maman professionnelle. En semaine, mon merveilleux mari s’occupe de notre capital économique pendant que je travaille aussi à temps plein, environ 9 à 12 heures par jour, avec notre « capital social » et notre milieu de vie. J’écris à temps partiel, ou plutôt, à temps perdu. La fin de semaine, on se partage les tâches familiales. Par mon occupation, j’aide aussi à diminuer les dépenses. Nous sommes du genre plutôt minimaliste et « fait-maison ». En tant que consommateur, le matériel que  l’on ne fait pas nous-mêmes, nous devons l’acheter, alors chez nous, nous choisissons consciemment de le faire ou d’en avoir moins. J’achète usagé, durable, ou plus grand—ça se plie, des manches de manteaux pour enfant. Je surveille les spéciaux. Nous habitons en région de Québec pour avoir un prêt hypothécaire abordable à un salaire. Nous avons une seule auto plutôt économique en circulation quotidienne. Nous n’avons pas le câble, car nous détestons la plupart de la télévision, mais avec l’internet nous avons autant accès aux nouvelles et films intéressants (comme avec Netflix), publicité en moins (et plus de sanité). Nous congelons les fruits d’un grand jardin biologique et avons des tomates pour des sauces à spaghetti maison à l’année. En faisant aussi l’éducation à la maison, j’enseigne des valeurs humanistes, l’écriture cursive ainsi que l’anglais, ou plutôt je ne suis qu’un support pour l’éducation que mes enfants prennent un plaisir à prendre en charge en suivant leurs passions. En étant avec notre famille, on s’assure que nous sommes tous comblés.

La société actuelle véhicule que le travail, ou l’argent, sont les plus importants facteurs à notre bien-être quand une vaste mer d’études démontre que le plus grand facteur prédicteur de bonheur sont les relations et le temps passé avec notre famille et amis—que nous entretenons en choisissant la carrière de parent à la maison. Et notre société moderne a perdu le sens des nécessités. On a besoin de peu pour être heureux, moins que le seuil véhiculé par la pression sociale ou la publicité. Tel que l’affirme sagement Mère Teresa, la seule pauvreté serait vraiment le manque d’amour, et « Si vous voulez travaillez pour la paix dans le monde, allez à la maison et aimez votre famille. »

Les avantages d’un parent professionnel à la maison sont multiples. On n’a pas le stress des courses à la garderie, au travail, à l’école, de l’heure du coucher. Les bains, ça peut se prendre en pleine journée. Mes enfants sont en avance sur l’apprentissage scolaire et sont passionnés; un prend plus de photos qu’un photographe professionnel. Le quotidien peut être répétitif mais plein de petits miracles. Qui peut écrire un texte au travail tout en ayant un enfant sur ses genoux travaillant sur son iPod, qui affirme : « C’est l’fun à la maison! »

Ce n’est pas idyllique d’être un parent à la maison, on a nos défis comme dans toute carrière. Les inconvénients peuvent déconcerter plusieurs parents. Comme on l’apprend souvent par nos connaissances Facebook, il y a des parents qui trouvent cela difficile le congé parental de la première année et sont ravis de réintégrer leur travail. Dans une société où l’on nous pousse vers la carrière dès un bas âge, on peut avoir soif d’accomplissement autre qu’avec nos enfants. Mais même à la fin d’une journée difficile, je n’échangerais pas ma place—mon comportement démontre que je suis toujours là pour mes enfants, quoi qu’il arrive, et c’est ce qui compte plus que tout.

Être parent professionnel, c’est la manière dont je veux vivre ma vie, une vie qui vaut la peine d’être vécue. Et il y a un vent de liberté même dans les tâches les plus banales ou reconnues comme ennuyantes. Le ménage? Entrainant, depuis que rebaptisé « Cardio-ménage »; je le combine à me tenir en forme, à courir et danser tout en faisant les tâches. Un bel exemple pour les petites personnes de ma maison qui, une fois partis, se font un plaisir de participer et d’être utiles. On peut faire d’une pierre deux coups, organiser notre gestion de temps, et avoir plus de temps libre par la suite.

Je me demande depuis longtemps, est-ce qu’on prend en compte les besoins de nos enfants, et même les nôtres, si on se fie à l’épuisement des parents et l’éclatement des familles nucléaires, en choisissant pour les deux parents une carrière à temps plein à l’extérieur de la maison? Je me rappelle très bien ne pas aimer la prématernelle malgré les tonnes d’activités stimulantes proposées et de préférer rester à la maison avec ma propre mère—preuve à l’appui, un dessin archivé que j’ai fait en bas âge, intitulé « Ce que j’aime le plus, c’est rester à la maison avec ma maman. » Et quant à l’école, c’est un autre système que j’ai testé pendant 20 ans. Mes conclusions personnelles concordent avec les recherches : le système scolaire est déficient. L’école est peu efficace pour l’emploi jusqu’au niveau postsecondaire, un échec pour le taux de décrochage (24.9%) et de pensées suicidaires (près de 1 élève sur 5), l’intimidation y sévit (39% l’ont vécu), ainsi que la démotivation (moins de 1 élève sur 2 a de la motivation pour ses études), mais il a l’avantage d’être une garderie gratuite. On est plusieurs à croire qu’on y a perdu du temps, en étant mal outillé pour se connaître et s’accomplir dans la vie. Sans compter que mettre les enfants et adolescents sans support adulte approprié (notamment comme rôles modèles) dans les écoles crée un milieu qui favorise l’agression. Est-ce que ça ne serait pas le temps de mettre en place un environnement plus approprié pour les jeunes, et les parents?

Il y a des alternatives à la « broue dans le toupet » et autres méfaits de nos systèmes actuels, avec le métier millénaire mais relayé aux oubliettes dans la modernité, de parent à la maison et l’éducation par l’école buissonnière, ou l’école de la vie. Avec la compétition sur le marché du travail, les enfants ont intérêt à trouver leurs passions rapidement et cultiver leur apprentissage dans ce sens, ce qui s’accomplit bien avec un parent impliqué. En voyant mes enfants grandir « à la journée longue », je sais que leurs besoins sont satisfaits. Une étude de l’Université de Cornell abonde en ce sens; il y a un déficit dans les tâches parentales, comme pour l’exercice et la nutrition, chez les parents qui travaillent ailleurs à temps plein. Je vois aussi à chaque moment qu’avoir une autre carrière à temps plein je ne connaîtrais pas mes enfants aussi bien. Nous nous manquerions les uns les autres. Quand on travaille avec les enfants on se rend compte de leur grand besoin affectif, c’est pourquoi les éducatrices en garderie ou les professeurs partent souvent leur propre garderie pour rester à la maison avec leurs enfants. On se rend aussi compte que la passion à l’apprentissage est une force puissante, et que l’école traditionnelle nuit à cet instinct par son cadre rigide obligé, ce que concordent les recherches du Dr. Maria Montessori, et des professeurs John Holt et John Taylor Gatto sur les méfaits de l’école et les bienfaits de l’apprentissage naturel.

Je suis maman professionnelle car en y repensant je crois que c’est un de nos premiers instincts. On se fait demander au long de notre jeunesse : « Qu’est-ce que tu veux faire plus tard? » Et encore aujourd’hui, à prime abord, à voir le nombre de princesses à l’Halloween, la majorité des petites filles veulent être des princesses (sous-entendant avoir un « prince charmant » et des enfants, et vivre heureuse). Mais en grandissant, on se fait encourager à choisir une autre carrière. Même si je soupçonne d’avoir un brin d’idéologie de consommation dans la programmation de Disney, est-ce que notre premier intérêt de carrière n’est pas valide? Peut-être que notre tangente culturelle inverse, qui nous pousse vers une autre carrière plus « rentable », nous fait valoir moins que rien en étant maman à la maison. Mais moi, je suis fière de mon retour à mon intérêt premier. J’en connais la valeur. Car ensuite, adolescente, après des années d’éducation vers la « carrière », je ne me voyais pas devenir d’abord une jeune maman mais celle accomplie qui voyageait autour du monde, avant tout. Maintenant, je suis celle qui s’est recréée un petit monde d’abord, mais je suis quand même accomplie. La maternité me change, et je suis en amour avec ma carrière actuelle. Je pensais que je pourrais avoir une grande carrière et être maman en même temps. Maintenant, je sais que ma grande carrière, celle qui compte avant tout, est d’être mère, et que notre bien-être est primordial. On peut « tout avoir », en référence à la parentalité et la carrière externe à temps plein accomplies, mais pour la majorité d’entre nous, en temps séparé pour le moment.

Et c’est très bien ainsi.

Certains experts affirment l’importance d’avoir des enfants jeunes pour les femmes, souvent celles qui prennent le plus soin des enfants, pour avoir un retour à une autre carrière dans la quarantaine. Cela fait du sens pour l’horloge biologique, car la fertilité décroit après 35 ans et les œstrogènes qui nous urgent à prendre soin plus jeune diminuent, alors que la testostérone nous met sur un pied d’égalité avec les hommes du même âge, chez qui le niveau décroit. Sans compter qu’il nous est alors possible, avec les oisillons hors du nid, de s’impliquer à fond dans notre autre carrière, en montant les échelons qu’une seule fois.

Pour avoir une carrière à l’extérieur pour deux parents, sans aide externe pour prendre soin des enfants, il faut que les parents puissent travailler en alternance à temps partiel avec de bons salaires pour pouvoir se relayer à la maison, ou bien qu’ils puissent emmener leurs enfants au bureau. Et, à moins d’avoir créé vous-même ces circonstances avec votre propre entreprise ou comme travailleur autonome, ce n’est pas encore la norme dans le milieu professionnel. À nous d’exiger une véritable conciliation travail-famille dans nos débats avec nos employeurs, et peut-être que la génération Y sera la première à l’obtenir. Moi et mon mari souhaitons en arriver à cette méthode d’emploi, en créant notre propre compagnie. En attendant, la meilleure alternative pour le bien-être familial est encore pour un parent qui a le plus d’affinités avec les enfants d’épouser la vocation de parent à la maison.

Être un parent professionnel, ce n’est pas un retour en arrière, antiféministe. C’est post-féminisme. Après des années de féminisme traditionnel, une bonne partie des femmes qui ont profité de cette révolution, soit les mères les plus éduquées, sont les premières à retourner à la maison. Et homme ou femme, on peut le faire de nos jours—c’est un choix de carrière, un design de vie. Donner un nom en tant que profession au métier de parent à temps plein, c’est le reconnaître, car c’est un problème que nous avons. Être un parent à la maison est souvent moins valorisé car il ne rapporte pas de salaire, signe de prestige et de pouvoir. Et il suscite plein de stéréotypes, allant de ne pas être profitable à la société et ne pas avoir de reconnaissance, ou de ne pas être capable d’avoir du temps pour soi en dehors de notre carrière.

Pourtant ce métier compte par plusieurs aspects. Il est utile et d’importance primordial pour l’enfant, le parent consciencieux, la famille, et la société. Il vaut de l’or. Selon Forbes, une maman à la maison travaille l’équivalent d’un patron de compagnie, en moyenne 96 heures par semaine, attribuable à un salaire de 115 000 US$. C’est difficile d’être à l’emploi ou sur appel 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et je soupçonne que c’est pourquoi nous ne sommes pas plus nombreux à l’exercer à temps plein. On entend souvent, et Oprah Winfrey le répète : la job de maman (parent) est la plus difficile. Pour moi, la job de maman est la plus difficile, mais la meilleure. Parfois. j’ai le goût de faire avancer à fond ma carrière d’écrivaine, mais dans ces moments, ma qualité de vie et celle de ma famille diminuent car je travaille trop. Mieux vaut garder mes passions à temps partiel, comme un autre acte de carrière, auquel je pourrais me consacrer davantage plus tard. Ce métier nous permet quand même de développer nos intérêts. Depuis que je suis maman, j’ai fait un combat d’arts martiaux mixtes, un demi-marathon (en parti nus-bas…), recueilli 15 000 signatures pour une pétition pour l’étiquetage des OGM, je joue dans un band et j’écris mon deuxième livre sur le design de vie, parmi d’autres projets. Dernièrement, j’ai appris qu’un manque de sommeil me hantait (il paraît que nous perdons avec un bébé 700 heures de sommeil pendant la première année à rattraper-je n’imagine pas l’arriérage de sommeil pour mes jumeaux!), et j’intègre de meilleures habitudes de vie aisément avec mon horaire souple. J’ai encore à apprendre à vivre de manière balancée, mais plus je vis de cette manière minimaliste en y brodant mes passions en habitudes d’une quinzaine de minutes par jour, plus je suis heureuse. Plus je suis présente dans ma vie, plus mon rôle de maman et de femme est au centre de ma vie, plus nous sommes heureux chez nous.

Nous qui sommes parents à la maison avons intérêt à « sortir du placard » fièrement comme parent professionnel pour faire valoir l’intérêt, la passion, et aussi les problèmes rencontrés. Et on pourrait bénéficier de plus de gens dans ce rôle. C’est un rôle familial et social. C’est une prise de position, une démonstration de valeurs humanistes enseignées par l’exemple, une solution aux crises sociétales (éducation par une alternative parentale, qualité des écoles), à la perte du lien social. On dit que l’avantage le plus injuste est la bonne présence parentale, et quand je grandissais ceux qui avaient les parents les plus impliqués étaient les plus épanouis. Il y a aussi une mascarade de la parenté; il faut que ça ait l’air facile pourtant c’est un métier qui nous force à aller au bout de nos ressources et nous engage même la nuit et la fin de semaine. La dépression postnatale pourrait se voir comme une dépression professionnelle (surmenage et manque de sommeil), pour avoir plus d’aide dans les tâches à ce moment.

La reconnaissance sociale de notre important rôle serait bien : le soutien moral, par les pairs et la communauté en offrant plus de services comme des centres familiaux gratuits, des lieux de jeux, d’apprentissage et de soutien financier pour les familles moins riches. Je suis pour l’octroi du soutien financier québécois des garderies subventionnées et mesures de remboursement pour les frais de garderie privées sous forme d’allocation pour enfants versés directement aux parents plutôt; de nombreux parents resteraient à la maison pour s’occuper de leur enfant, et ce serait un plus, notamment lors du congé parental alors que plusieurs doivent envoyer leur plus vieux à la garderie à temps plein pour conserver leur place. On pourrait aussi profiter d’un soutien pour l’école à la maison—avec le budget annuel accordé par enfant aux écoles, un parent pourrait lui offrir encore meilleur.

J’adore notre petite vie. Je m’éduque en parallèle, et je suis mes passions. Je grandis spirituellement—on a beau vanter les vertus de la méditation en temple Zen, mais garder son calme pendant une crise d’un enfant, ou plus, est au moins équivalent. L’auteure du livre Buddhism for Mothers fait une comparaison marquante: élever nos enfants est en fait une retraite spirituelle de 20 ans-vu de cet angle, c’est un grand « plus ». En choisissant ce design de vie avec sagesse, nous sommes moins stressés que la moyenne des gens. Mes enfants sont heureux et épanouis.  Je souhaite lancer dans la vie des enfants confiants et instruits, avec de bonnes valeurs, qui connaissent leurs passions et idéalement qui progressent spirituellement et font avancer la société pour le mieux, pour aider ses problèmes plutôt que les créer. C’est aussi plus facile de concilier la vie familiale, la carrière de l’autre parent et son intégration (« on va le dire à papa » ou on lui filme des vidéos de la vie quotidienne). D’ailleurs, le parent dans le couple qui s’occupe de ramener l’argent a plus de succès de cette manière. Pour moi, il n’y pas de carrière plus importante ou qui surpasse de vivre tous les premiers pas, mots, et apprentissages de nos enfants. Mon salaire consiste de petites merveilles partagées à chaque jour. Mon salaire est le meilleur, en fait : des cœurs gonflés d’amour.

Vous pensez élever vous-mêmes vos enfants, vous avez toujours voulu rester à la maison, ou vous songez à l’éducation à la maison? Je vous encourage à le faire. Le mythe de la supermaman ou du superpapa est dépassé—une des ces icones, la CEO de Yahoo Marissa Mayer, arrive à avoir une carrière à temps plein hors de la maison, mais elle a une gardienne à temps plein pour son enfant et refuse les parents qui ne travaillent pas autant qu’elle directement au bureau, soit un petit 100 heures par semaine, environ. Plusieurs femmes avec une carrière à l’extérieur font finalement le retour à la maison. Car ce que les luttes sociales revendiquent vraiment est le respect des droits fondamentaux, l’équité et le libre choix. Nous avons fait le choix d’avoir des enfants, et les enfants ont droit à une bonne présence parentale. Heureusement, nous sommes plusieurs à faire le choix de passer plus de temps avec nos enfants. Avec de la planification, les familles de deux parents avec un revenu dans la moyenne ont tout pour y arriver. Le Dr. Laura Schlessinger, une célèbre animatrice de radio aux États-Unis qui encourage haut et fort à être un parent à la maison, affirme dans son livre qu’elle n’aurait jamais pu avoir une aussi belle relation avec son fils si elle n’avait pas été maman à la maison (elle poursuivait sa carrière lorsqu’il dormait). J’en suis convaincue aussi pour notre famille, ainsi que plusieurs de mes connaissances—le bon temps quotidien avec mes enfants en sont une preuve tout aussi forte. Nos enfants, nos familles, et la société nous remercieront un jour.

Je ne veux pas insulter les couples de parents qui travaillent à l’extérieur de la maison en écrivant ces lignes—je veux seulement réduire la souffrance sociale quotidienne pour les parents qui s’ennuient de leurs enfants, et pour les enfants qui voudraient avoir leurs parents pour être comblés, avoir une protection adéquate, et une vie heureuse. Si je n’avais pas connu ces données, suivi mon cœur, ou si nous avions un revenu sur le seuil de la pauvreté, ce serait peut-être mon cas. Mais mon intuition me dit que dans cette situation je ferais tout pour pouvoir faire le choix de rester à la maison aussi tôt que possible car il change l’âme de notre famille, et de nos sociétés. Car peut-être que l’issue ici est de ne pas faire passer nos désirs (non nécessaires à notre survie) avant les besoins (nécessaires à leur bien-être et survie) de nos enfants.

Plusieurs parents essoufflés cherchent le bonheur partout alors qu’il les attend à la maison, tout simplement, au cœur de leur famille. Comme le dit un proverbe européen, nous pourrons avancer une autre carrière plus tard, mais l’enfance de nos enfants et nos premiers moments de parents ne reviendront jamais. En tant que parents, selon les données, nous avons une bien longue vie pour faire toutes les carrières souhaitées—et la « pause » de la saison parentale peut nous faire un grand bien. Mais nos enfants ne pourront peut-être pas se remettre de nos mauvais choix. Ouvrons-nous les yeux, et le cœur, et réalisons que le bien-être des enfants est de la plus haute importance. Ce qui est primordial pour eux n’est pas d’être à la fine pointe de la modernité, mais d’être bien aimé et accompli. Tel que le déclame Albert Einstein,

« Il n’y a pas de grandes découvertes et d’avancées, aussi longtemps qu’il a un enfant malheureux sur terre. »

Ressources

Mon ebook : Comment exactement rester à la maison avec son enfant et y être heureux

Calculateur de salaire :  http://www.salary.com/mom-paycheck/

 

Publié auparavant sur Design de vie zen.

 

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Marie-Eve Boudreault

Marie-Eve Boudreault est maman de 4 merveilles et co-fondatrice de Mamans Zen. Elle est passionnée d’enfance et de parentalité heureuse, naturelle et bienveillante, pour lequels elle s’est spécialisée. Suivez-la sur son blogue populaire à lequel elle se consacre principalement maintenant Je Materne – Ton blogue Famille heureuse (trousse numérique gratuite)